Si le navire belge d’enrochement Pompei a été détourné et son équipage enlevé au large de la Somalie en 2009 – confrontant alors la Belgique à l’expérience concrète de la piraterie –, ces dernières années, plus de 90 % des enlèvements maritimes ont eu lieu de l’autre côté du continent africain. En effet, le golfe de Guinée est devenu l’épicentre de la piraterie mondiale, qui déstabilise non seulement les États côtiers de cette sous-région mais perturbe également le commerce régional et international. Située à la fois sur les principales routes commerciales reliant le reste du continent africain à l’Europe ou aux États-Unis et sur les routes commerciales entre l’Amérique latine, l’Europe et l’Asie, cette sous-région est au cœur d’enjeux géostratégiques, commerciaux et énergétiques intercontinentaux.
L’Afrique de l’Ouest détient un tiers des réserves de pétrole et de gaz naturel du continent et ses pêcheries marines sont convoitées dans le monde entier. La région est également l’une des principales zones d’extraction de l’or et un important fournisseur de matières premières. Bien qu’une grande partie du commerce qui transite par la région soit légale, le golfe de Guinée souffre de différentes menaces à la sécurité maritime allant de la piraterie au vol à main armée en passant par le vol de pétrole, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la pollution et le trafic de marchandises illicites, ce qui alimente la corruption et renforce le crime organisé. En outre, cette sous-région joue un rôle croissant dans la stratégie des groupes terroristes armés (souvent affiliés à Al-Qaïda ou Daesh), qui ont choisi de faire de l’Afrique, notamment du Sahel et de plus en plus du golfe de Guinée, une priorité dans leur stratégie d’expansion.
Face à cette insécurité croissante, les États côtiers, les acteurs internationaux (dont la CEDEAO, la CEEAC et l’UE) et les ONG locales et régionales ont mis en place des mécanismes régionaux de réponse et de coordination pour lutter contre la piraterie, les vols à main armée, la contrebande, le trafic et les activités de pêche illicite (y compris de la part des navires européens et chinois). Néanmoins, il s’avère que la piraterie et la criminalité maritime ont souvent échappé aux efforts déployés pour lutter contre elles.
Afin de diversifier les éclairages sur les causes et conséquences de l’insécurité maritime dans cette sous-région ainsi que des facteurs la favorisant, nous avons l’honneur d’accueillir sur notre campus la Dre Ife Okafor-Yarwood, maîtresse de conférences en développement durable à l’Université de St Andrews, ainsi que – virtuellement – le Dr Dirk Siebels, analyste principal chez Risk Intelligence, pour nous présenter leurs points de vue.

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Ligne de recherche : Sahel et Afrique subsaharienne

© Source images: U.S. Navy, Belgian Defence & Ghana Armed Forces

Conférence du soir

Le golfe de Guinée :
pris entre la pêche illégale, les pirates et
les groupes terroristes armés ?

Dr Ife OKAFOR-YARWOOD
Dr Dirk SIEBELS

Modérateur : Maarten DANCKAERT

Langue : anglais
Interprétation simultanée en néerlandais, en français et en anglais

17 novembre 2022, 17 h 00 – 18 h 30
> 16 h 30 : Accueil
> 17 h 00 : Conférence
> 18 h 30 : Réception

Campus Renaissance
Rue Hobbema, 8
1000 Bruxelles