
La présente étude analyse la plus grande crise de déplacement de population au monde qui sévit actuellement au Soudan et au Soudan du Sud, où plus de 16 millions de personnes ont été déracinées par la guerre, la répression, la corruption, la famine, le changement climatique et l’effondrement de l’État.
Elle montre comment l’enchevêtrement des conflits au Soudan a brisé les structures sociales, alimenté des atrocités – y compris des actes s’apparentant à un génocide – et fait du déplacement à la fois une conséquence et une tactique du conflit. Dans le même temps, le Soudan du Sud retombe dans une guerre à grande échelle, provoquant de nouveaux mouvements de population. Conséquence de ces déplacements : le Tchad et l’Éthiopie accueillent désormais des millions de réfugiés ainsi que des rapatriés et font face à d’immenses pressions humanitaires, malgré leur relative résilience économique.
L’étude souligne également comment les dynamiques régionales forment de plus en plus un complexe sécuritaire interconnecté où les conflits, les flux de réfugiés et l’ingérence étrangère déterminent l’issue des événements. En fin de compte, les déplacements de population au Soudan et au Soudan du Sud constituent une crise régionale structurelle, qui exige une diplomatie multilatérale renforcée, l’inclusion et la protection des civils, des garanties pour les réseaux d’entraide locaux et la responsabilisation des auteurs d’abus.
Télécharger le Sécurité & Stratégie 158(disponible uniquement en anglais)
Lignes de recherche : Sahel et Afrique subsaharienne
Source photo : © UNHCR/Caitlin Kelly

Sécurité & Stratégie 158
Displacement in the Sudans and Its Effects on Chad and Ethiopia